glnc
accueil loges activites liens contact editorial

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

les femmes et la mixité

Les Constitutions d'Anderson conçues et adoptées par la Grande Loge Unie d'Angleterre sont claires sur le sujet. Voici ce qui en est dans leur version de 1723: 

"Toutes les personnes pour être admises membres d'une Loge, doivent être des hommes bons et fidèles, nées libres et arrivées à l'âge de discrétion et de jugement sain; ni Serfs, ni femmes, ni hommes immoraux ou scandaleux, mais de bonne réputation". 

Et en 1929, la Grande Loge a reconfirmé: "que  la Grande Loge et les Loges particulières seraient exclusivement composées d'hommes et qu'aucune Grande Loge n'entretiendrait des relations maçonniques avec les Loges mixtes ou avec des corps qui admettent les femmes en qualité de membres". 

Des auteurs ont écrit que dès 1744, on reçevait des femmes, non pas dans de véritables Loges, mais dans des lieux qui leur étaient semblables. Ces Loges d'Adoption, souchées sur des Loges masculines oeuvrant sous les auspices de la Grande Loge de France, regroupaient généralement des épouses ou parentes de Frères.  Ces Loges d'Adoption ayant suivi l'évolution de la Maçonnerie Française à travers les décennies, vont leur chemin tout en ayant aucun lien avec celle du XVIIIe ou du XIXe siècle. En 1901, la Loge "Le Libre examen" voit le jour.  À la libération, la Grande Loge de France favorise l'autonomie des Loges d'Adoption qui en 1945 fondent la Grande Loge Féminine de France dont  tous les membres sont du sexe féminin, et où les Frères sont admis comme visiteurs. 

En 1882, une femme, Maria Deraismes (1828-1894), est initiée par la Loge des "Libres Penseurs du Pecq" oeuvrant sous les auspices de la Grande Loge Symbolique d'Écosse. Cette dernière prononçe l'Atelier "mis en sommeil" et la réception de Mme Deraismes est déclarée nulle. 

À la fin de ce XIXe siècle, certains maçons indignés de ce qu'un mouvement à l'avant-garde de l'humanité puisse encore exclure les femmes de ses rangs, un apôtre du féminisme et de la libre pensée (dont la "Maçonne" était l'une des gloires), le Docteur Georges Martin, membre de la Grande Loge Symbolique d'Écosse, ayant initié Mme Deraismes, se sépare de son Obédience pour fonder, en 1893, la Grande Symbolique Écossaise Mixte de France, le Droit Humain, où Mme Deraismes initiera, à son tour, quinze femmes, et poursuivera jusqu'en 1896 où enfin cette Grande Loge Mixte deviendra une Obédience Maçonnique. Dès 1899, elle s'appelle l'Ordre Maçonnique Mixte Internationale - Le Droit Humain. 

Les efforts de ceux qui ont osé ont abouti à la fondation de Loges en Angleterre, en France, en Belgique, en Italie, aux États-Unis, au Canada, en Argentine, au brésil, au Chili, au Mexique, en Côte d'Ivoire, au Cameroun, en Israël et presque partout dans le monde où la Maçonnerie existe. 

Le Grand Orient de France plus proche de l'esprit progressif et rationnel de Georges Martin, a toujours entretenu des rapports fraternels avec Le Droit Humain et reçoit des femmes dans ses travaux. 

À Londres, on trouve des Loges mixtes qui oeuvrent sous les auspices du Ancient Masonic Order for Men and Women, et même le Rite Émulation dans sa dissidence admet des femmes. 

Que ce soit en Belgique, en Italie, en Suisse, en Turquie et partout où la Maçonnerie existe, les Obédiences féminines ou mixtes sont en plein développement. 

Ce brève historique a longtemps alimenté les méditations, les réflexions, les débats, les discours, les travaux  et les demandes des Frères de la Grande Loge Nationale du Canada, qui décident, à la clôture des travaux du Convent Annuel de 1994/ 1995, que l'Obédience serait dorénavant mixte. 

Expliquer cette décision à tous ceux qui pensent avoir tout entendu sur le sujet est futile. Disons seulement qu'il est heureux que la société d'aujourd'hui travaille encore à l'égalité et à la liberté. Comment un Maçon pratiquant les valeurs sociales les plus nobles, membre d'une École Initiatique travaillant au perfectionnement de l'Humanité, marié ou qui le sera un jour pourrait-il dire,  encore de nos jours, à sa douce épouse "ta condition de femme ne te donne pas le droit de faire ceci ou cela, tu ne peut comprendre ceci ou cela"? 

Aujourd'hui, on retrouve la femme dans toutes les institutions sociales et dans tous les métiers connus. Elle construit la société en tant que reine, chef d'état, soldat, maçonne, charpentière, forgeronne, artiste, peintre, chimiste, médecin, astronome, géomètre, astronaute, philosophe, institutrice, avocate,  juge, pasteur... Il serait superflu de poursuivre cette nomenclature qui montre bien que la femme est présente partout. 

En parlant d'elle, on ne peut guère évoquer le sexe faible. Elle s'est faite valoir à travers les âges, les peuples et les cultures et a contribué, à l'instar de l'homme, à bâtir les civilisations. 

Les Constitutions d'Anderson ont été écrites pour répondre à un noble besoin. 

L'Homme, de par sa nature, évolue continuellement mais s'oppose souvent au changement. Quelle contradiction ! L'insécurité, la faiblesse et la peur qu'il travaille à combattre dans la sérénité des Temples, auront-elle toujours raison de lui?  

Pourquoi ne pas demander au rénovateur le Me. Théophile Desaguliers, Docteur en Droit, ou au Pasteur James Anderson, ministre de l'église presbytérienne ce qu'ils en pensent, eux, des Chartes des Libertés et des Droits de l'Homme qui enrichissent les Constitutions de nos pays. Ces deux grands personnages, ont mérité des titres illustres à force de courage et de noblesse. 

Méditer, réfléchir, écrire, débattre, travailler sont parmi les plus beaux mots qui existent. Ils méritent leur juste place. L'image est importante dira souvent l'homme, mais combien plus importante est la vérité. 

La Grande Loge Nationale du Canada a pensé et a agi.

 

Grande Loge Nationale du Canada

Webmaster